La réunion des chefs d’Etat pour le 28e sommet de l’Union africaine s’est achevée à Addis-Abeba, le 31 janvier.

Introduites en 2016 par Paul Kagame, les réunions à huis-clos tenues sans les représentants de l’Union européenne et de l’ONU auront permis aux présidents africains d’aborder les sujets qui fâchent sans ingérence de ces derniers.

1 ) La question du retour du Maroc se trouvait en bonne place était à l’ordre du jour du sommet.
Avec l’acceptation du dossier d’adhésion du Maroc par l’assemblée des chefs d’Etat, le royaume chérifien est devenu le 55e Etat de l’Union africaine et ses représentants ont pu siéger dès dimanche 31 janvier parmi leurs pairs africains et participer aux travaux. Paradoxalement, en 1962 le Maroc faisait partie des pays fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine, le prédécesseur de l’UA, mais avait claqué la porte de l’institution en 1984 pour protester contre l’admission en son sein de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), un territoire que Rabat revendique comme faisant partie intégrante de son territoire.

Mais c’était sans compter avec l’opposition des poids-lourds de l’UA tels que l’Afrique du Sud et l’Algérie qui entretiennent des liens historiques avec la RASD et participent à son financement. Sous leur égide, un groupe de 12 pays a saisi en amont du sommet le conseil juridique de l’UA sollicitant un avis formel sur la légalité d’admission au sein de l’organisation panafricaine d’un pays qui « occupe une partie du territoire d’un Etat membre ».

Si l’objection soulevée a été soutenue par les juristes, la décision finale, ont-ils déclaré, incombait aux chefs d’Etat qui, en huis clos, se sont majoritairement exprimés (39 sur 54) en faveur du retour du Maroc. Le roi Mohammed VI avait fait le déplacement jusqu’à la capitale éthiopienne où se trouve le siège historique de l’UA. Le discours empreint de sincérité et de nostalgie que le souverain chérifien a prononcé à la cérémonie de clôture du 28e sommet a marqué les esprits. « L’Afrique est mon continent, et ma maison. Je rentre enfin chez moi, et vous retrouve avec bonheur. Vous m’avez tous manqué », a déclaré le roi à la tribune.

2) L’UA encourage ses membres à quitter la CPI

Mais devant les divergences des points de vue entre les dirigeants africains, il a été décidé que l’initiative de l’UA ne sera pas juridiquement contraignante. Il appartiendra à chaque pays de décider du retrait ou pas de cette institution. L’on sait déjà que des pays comme le Nigeria et le Sénégal sont favorables au maintien des pays africains au sein de la CPI.
La CPI est considérée par de nombreux pays du continent comme une institution partiale qui ne jugeraient que des leaders d’Afrique, alors que plusieurs autres chefs des puissances mondiales sont tout aussi bien coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Certains qualifient les poursuites engagées par la CPI contre les responsables africains d’«injustifiées.»
L’Afrique du Sud, la Gambie et le Burundi ont déjà claqué la porte de la CPI au cours de l’année 2016. D’autres pays menacent de quitter le navire, notamment l’Ouganda, la Namibie et le Kenya.
L’Union africaine encourage par ailleurs ses pays membres à renforcer la Cour africaine de justice et des droits de l’homme pour lui permettre de traiter les crimes de guerre et des cas de génocide.L’Afrique compte 34 signataires du Statut de Rome (le traité qui a créé la Cour pénale internationale).




3)  Passage de témoin entre le Tchadien Idriss Déby et le Guinéen Alpha Condé, élu par l’assemblée des dirigeants
président guinéen assumera pour un an la présidence tournante de l’UA. Très ému par l’honneur qui lui échoit, l’heureux élu s’est placé dans le sillage de Kwame Nkrumah dont il a rappelé les idéaux dans son discours d’acceptation : « Au-delà de l’intégration de nos Etats, nous devons réussir celle de nos peuples ».

4) Création d’un fonds spécial pour combattre le terrorisme

Au cours des travaux de ce 28e sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement ont également examiné le rapport du Conseil Paix et Sécurité de l’UA sur la situation en Afrique de juin à décembre 2016 et entériné la demande de création d’un fonds spécial pour combattre le terrorisme.

 

5) Mise en place d’une taxe sur les importations qui permettra de financer l’institution sans dépendre de l’aide financière de l’Occident

Les chefs d’Etat présents lors du sommet ont également débattu de la réforme de l’institution et se sont accordés sur l’application de la « taxe Kaberuka », une taxe sur les importations qui permettra de financer l’institution sans dépendre de l’aide financière de l’Occident.

6) Lancement officiel du passeport Panafricain.

Les représentants permanents des Etats membres de l’UA à son siège d’Addis-Abeba en Ethiopie sont également parmi les premiers bénéficiaires de ce document de voyage.

Pour l’UA, la délivrance de ce passeport devrait ouvrir la voie à l’adoption et à la ratification par les Etats membres de tous les protocoles et lois relatifs à ce futur passeport africain.

L’initiative, lancée en 2014, entre dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’UA.

Elle vise à faciliter la circulation des personnes, des biens et des services au sein de l’Union en vue de dynamiser le commerce panafricain, l’intégration du continent et son développement économique, selon toujours l’UA.




7) La fin proche du FRANC CFA ?

A Abidjan, Bamako, Bruxelles, Dakar, Kinshasa, mais aussi Londres, Ouagadougou ou encore Paris, des rassemblements, des manifestations ou des conférences se sont tenus ce samedi 7 janvier. Un appel mondial a été lancé pour demander la fin du franc CFA et surtout pour interpeller les chefs des gouvernements africains qui utilisent cette monnaie. Créée en 1945, arrimée à l’euro, et jugée colonialiste.

Selon les organisateurs de cette journée, le franc CFA est une survivance des colonies françaises d’Afrique et constitue une servitude monétaire à laquelle il est temps de mettre un terme.

Créé le 26 décembre 1945, le franc CFA rassemble les pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et ceux de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) plus les Comores. Au total quinze pays disposant d’une monnaie commune reliée par une parité fixe au franc français jusqu’en 1999. Depuis, le franc CFA est arrimé à la monnaie unique européenne.

Or, c’est bien ce dont se plaignent les détracteurs du CFA. Il assure bien une stabilité financière aux pays de la zone. Mais, en revanche, il les prive de toute possibilité d’ajustement de politique monétaire. Dont celle de procéder à des dévaluations compétitives pour doper les exportations. Par ailleurs, le haut niveau de l’euro place la zone CFA dans une position souvent défavorable par rapport aux autres pays africains.

le président Tchadien a pris le contre-pied du président sénégalais, Macky Sall sur la question du francs Cfa.

«Là-dessus, je suis formel. Je ne renie pas le franc CFA, mais il doit devenir la vraie monnaie souveraine des Etats qui l’utilisent », a poursuivi Idriss Déby dans les colonnes du dernier numéro du magazine Jeune Afrique.

D’aprés lui : « la situation actuelle où le compte d’opérations des exportations de 14 pays africains est géré par le Trésor d’un pays européen, fut-il, l’ancienne puissance coloniale, ne peut pas perdurer éternellement (…) Le franc CFA est certes un facteur d’intégration très important, mais là où le bât blesse, c’est que nous n’avons pas la possibilité de placer, ne serait-ce qu’une partie de nos ressources dans le circuit bancaire pour qu’elles génèrent des intérêts ».

Ne s’arrêtant pas à ces considérations, il poursuit sans ambages: «Cette période qui dure depuis 70 ans est dépassée. Il faut que les autorités françaises acceptent d’examiner avec nous ce qui, dans nos accords, marche ou ne marche pas. Les sommes en jeu se chiffrent en dizaine de milliards. Soyons lucides : la façon actuelle dont est géré le franc CFA est un frein au développement de nos pays. Réviser nos accords avec la France est absolument nécessaire et incontournable».

 

PANAFRICAIN TV

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