Akinwumi Adesina n’aura pas mis longtemps à confirmer ceux qui, lors de son élection à la tête de la Banque africaine de développement, pariaient qu’il orienterait un peu plus l’action de cette institution vers le monde agricole. En effet, sous l’égide de l’ancien grand manitou de l’agriculture du Nigéria, la BAD organise à Dakar du 21 au 23 octobre une  conférence dédié à ce secteur d’activité et réunissant des experts de haut niveau. (Agence Ecofin)

Baptisée «Nourrir l’Afrique», cette rencontre vise à imprimer une nouvelle dynamique au secteur agricole africain grâce à l’élaboration d’une plateforme d’action, qui sera issue des engagements pris par les différents décideurs présents.

Dans un français truculent, Akinwumi Adesina a rappelé pendant son propos introductif que «La sécurité la plus importante est celle du ventre». D’où la nécessité pour le continent de se pencher avant tout sur la sécurité alimentaire de sa population.

Passant en revue le potentiel agricole de l’Afrique qui dispose aujourd’hui de plus de 60% des réserves de terres arables de la planète, le dirigeant a déclaré : «Il n’y a pas de marché au monde où se vend le  potentiel»avant de poursuivre en invitant les dirigeants du continent à libérer ce potentiel pour le transformer en produits concrets.

Abondant dans son sens en ce qui concerne la nécessité de produire des résultats concrets, Augustin Matata Ponyo Mapon, premier ministre de la République démocratique du Congo a fustigé les procédures complexes mises en place par les bailleurs de fonds pour le financement de l’agriculture.

Le dirigeant qui évoquait le cas des parcs agricoles que le gouvernement congolais  vient de lancer, affirme:«Si on devait suivre les procédures mises en place par ces bailleurs de fonds, on en serait encore aux études de faisabilités. Ne considérons pas que le temps nous appartient. Il est même notre meilleur ennemi. Nos populations attendent des résultats concrets et pas des discours.»

Invité à la tribune, le président sénégalais Macky Sall a salué l’initiative et en a justifié le bien-fondé en estimant que «si tous les maillons de la chaîne sont mis en relation, alors nous aurons les moyens de notre autosuffisance». Un avis qui a été entendu de tous les participants qui savent désormais qu’ils ont trois jours pour entrer dans l’histoire, soit par la grande porte si la conférence aboutit sur des actions suffisamment fortes pour changer le paysage agricole continental, soit d’atterrir directement dans ses oubliettes si cette montagne accouchait d’une souris.

Aaron Akinocho, Envoyé Spécial de l’agence Ecofin

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