Enfin ! Il aura fallu près de vingt-huit ans pour que des personnes soient inculpées dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Thomas Sankara. Le capitaine, dirigeant du Burkina Faso à partir d’août 1983, avait été assassiné le 15 octobre 1987, avec douze de ses

compagnons alors qu’il s’apprêtait à participer à un Conseil des ministres.

Aucune enquête n’avait été sérieusement ouverte avant le mois de mars de cette année, et l’exhumation du corps de l’ancien chef d’État. Quelques mois auparavant, en octobre dernier, une révolution citoyenne avait démis Blaise Compaoré, celui-là même qui était arrivé au pouvoir au terme du coup d’État commis vingt-huit ans plus tôt.Le rapport d’autopsie de l’ancien dirigeant de la révolution burkinabè, assassiné en 1987, indique que son corps a été « criblé de balles ».

Le régiment putschiste fidèle 
à Blaise Compaoré sur la sellette

Selon le rapport d’autopsie rendu public mardi à Ouagadougou, le corps de Sankara, progressiste, héraut de la lutte anti-impérialiste, a été « criblé de balles ». Jusqu’ici, celui qui avait rebaptisé la Haute-Volta 
Burkina Faso (« Pays des hommes intègres »)était décédé de « mort naturelle »… à l’âge de 37 ans. Sur le corps des autres compagnons, « on a pu retrouver, par-ci, par-là un ou deux impacts de balles », a déclaré l’avocat de la famille, maître Ambroise Farama.

Selon un autre avocat de la famille, maître Bénéwendé Stanislas Sankara, « il y a huit ou neuf inculpés » dont, même s’il ne cite aucun nom, « des militaires de l’ex-RSP ». Le RSP, le régiment de sécurité présidentielle, est précisément cette même force spéciale restée fidèle à Blaise Compaoré et qui a tenté un coup d’État le 17 septembre de cette année, avec, à sa tête, le général Gilbert Diendéré, soupçonné d’être également le chef du commando qui avait assassiné Thomas Sankara en 1987. Quatorze manifestants et passants non armés auraient été tués le mois dernier par le RSP, selon Amnesty International.

De GAËL DE SANTIS Pour L’humanité 

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