Bernice Dapaah explique les avantages des vélos en bambou par rapport aux vélos « classiques ».

« Il y a quelques années, je me suis rendue compte que les vélos qu’on utilisait au Ghana n’étaient pas forcément adaptés aux besoins de la population. Ils permettent de rouler uniquement sur des routes en bon état, alors que c’est rarement le cas à la campagne. En plus, comme ce sont des vélos qu’on importe, ça ne crée pas d’emplois et ça ne développe les compétences de personne. Par ailleurs, j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de bambou sauvage au Ghana, et que c’était une ressource qu’on pouvait utiliser pour fabriquer des vélos […] Fabriquer des vélos en bambou présente également de nombreux avantages sur le plan économique. C’est un matériau solide, donc les vélos sont bien plus résistants que les bicyclettes ‘classiques’, d’autant plus que le cadre et le porte-bagage sont liés. Du coup, ces vélos n’ont pas besoin d’être remplacés tout le temps. Et s’il faut les réparer, les matériaux, les outils et les compétences sont sur place. Ils peuvent donc transporter des charges bien plus importantes que les vélos ‘classiques’ – des marchandises par exemple – et permettent de circuler sur des terrains accidentés »

Au Ghana, une toute nouvelle bicyclette vient de faire son apparition sur le marché local et elle a de quoi inspirer ! Ce vélo a cette particularité d’avoir l’armature entièrement constituée de bambou, matériau naturel particulièrement écologique… Découvrez cette nouvelle solution locale, positive et inspirante.

Ce vélo écologique fait de bambou est le projet fou de la jeune ghanéenne Bernice Dapaah. Elle présentera son projet pour la première fois dans le cadre du Clinton Global Initiative University, un concours international rassemblant des étudiants et des universitaires autour de projets durables, écologiques et favorisant la paix dans le monde. De par son intérêt écologique évident, son concept ne va cesser d’inspirer, remportant plusieurs prix et concours. Grâce à cette notoriété fraichement acquise, Bernice va fonder Ghana Bamboo Bikes au Ghana. L’objectif ? Permettre aux Ghanéens d’acheter leur vélo écologique localement pour éviter l’importation, réduisant ainsi l’impact écologique et créant de l’activité locale.

En pratique, les branches de bambou sont ramassées sur place, ce qui nécessite de la main d’œuvre et crée donc des emplois à caractère positif, principalement à destination des femmes qui souffrent particulièrement de la pauvreté dans la région. Ainsi, la naissance de Ghana Bamboo Bikes a permis la création de 35 emplois en milieu rural. On peut aussi noter la faible consommation d’énergie grâce à un ensemble réalisémanuellement avec seulement l’aide de quelques outils comme une perceuse. Enfin, l’utilisation de ce matériau inhabituel favorise le développement durable grâce à une plante dont la photosynthèse rejette 30% d’oxygène en plus que la plupart des autres végétaux tout en ayant des capacités intéressantes pour le cyclisme.

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« Ces vélos n’ont pas besoin d’être remplacés tout le temps. Et s’il faut les réparer, les matériaux, les outils et les compétences sont sur place. » explique la fondatrice de Ghana Bamboo Bikes, insistant sur la robustesse de ces vélos. Et, en effet, ce qui prime dans les logiques de développement durable, c’est précisément la durabilité en opposition à l’obsolescence.

Vous pensez que le confort va en être affecté ? Détrompez-vous ! Bien plus souple que le carbone utilisé chez les professionnels, le bambou offre des propriétés « amortissantes » plus que satisfaisantes. Cette souplesse naturelle est d’autant plus utile que beaucoup de routes au Ghana sont accidentées. L’entreprise ghanéenne estampille son vélo de « tout-terrain » et précise que l’on peut l’utiliser pour un niveau sportif qu’un usage quotidien.

Bien sûr, seules les armatures et les pièces en métal sont recyclables, mais c’est déjà un très gros changement par rapport à la plupart des vélos conventionnels. La ghanéenne n’est évidemment pas la seule à produire des vélos en bambou. Le concept semble se développer dans de nombreux pays alors que la demande en alternatives écologiques, même en matière de cyclisme, augmente chaque année. Et vous, seriez-vous près à investir dans un vélo durable ?

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« Le bambou génère 30 % d’oxygène supplémentaire par rapport aux arbres »

 

Sur le plan environnemental, le bambou permet d’améliorer la qualité de l’air et de l’eau dans les zones où il est cultivé, puisqu’il absorbe le dioxyde de carbone, tout en libérant de l’oxygène [selon le principe de la photosynthèse, NDLR]. Par rapport aux arbres, il génère même 30 % d’oxygène supplémentaire. Ses racines, très denses permettent aussi de limiter l’érosion des sols – un aspect important pour les agriculteurs. De plus, le bambou qu’on utilise pour nos vélos n’est pas traité avec des produits chimiques. [Le bambou présente toutefois quelques inconvénients également au niveau environnemental, puisqu’il s’agit d’une plante invasive pouvant mettre à mal l’écosystème, NDLR.]

« La fabrication de vélos en bambou est peu énergivore »

La fabrication des vélos se fait en plusieurs étapes. Tout d’abord, il faut couper le bambou à la bonne taille, le tailler soigneusement, puis l’assembler pour former le cadre du vélo, à l’aide d’une résine et de fibres de sisal. [Le sisal est une plante souvent utilisée dans la filière du bois, NDLR.] Une fois que c’est sec, les pièces manufacturées sont ensuite fixées sur le cadre du vélo, comme les pédales et la fourche, par exemple. Et à la fin, des femmes récupèrent le bambou n’ayant pas été utilisé pour fabriquer des briquettes de charbon. Elles ont été formées pour cela.

Photo publiée sur le site Internet « Ghana Bamboo Bikes ».


Photo postée sur la page Facebook ‘Ghana Bamboo Bikes’.

Photo transmise par Bernice Dapaah.

Ça demande beaucoup de travail, mais la consommation énergétique est faible durant tout le processus de fabrication. En fait, le travail est essentiellement réalisé à la main, même si on utilise quand même une perceuse à colonne par exemple, une machine permettant de tailler le bambou avec précision.




« Nos vélos permettent de circuler sur des terrains accidentés »

Fabriquer des vélos en bambou présente également de nombreux avantages sur le plan économique. C’est un matériau solide, donc les vélos sont bien plus résistants que les bicyclettes « classiques », d’autant plus que le cadre et le porte-bagage sont liés. Du coup, ces vélos n’ont pas besoin d’être remplacés tout le temps. Et s’il faut les réparer, les matériaux, les outils et les compétences sont sur place. Ils peuvent donc transporter des charges bien plus importantes que les vélos « classiques » – des marchandises par exemple – et permettent de circuler sur des terrains accidentés.

Photo postée sur la page Facebook ‘Ghana Bamboo Bikes’.

Création d’emplois et réduction de la pauvreté

 

Depuis la mise en place du projet, 35 emplois ont été créés en milieu rural. Ces personnes cultivent le bambou, assemblent les vélos… Elles ont été formées pour cela. Leur travail permet de subvenir aux besoins de leurs foyers. Du coup, il contribue à réduire la pauvreté en milieu rural.

Photo transmise par Bernice Dapaah.

Plus de 3000 vélos en bambou ont déjà été produits. Pour l’instant, il s’agit d’une initiative à l’échelle locale, mais je pense qu’elle va se développer car il existe une réelle demande au Ghana et dans les pays voisins.


Source : observers.france24.com  et Mrmrmondialisation.org

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