« Selon une source proche du Premier ministre Isaac Zida, la bande de 16’32’’ dévoilée hier est identique à celle évoquée il y a quelques semaines et sur laquelle s’est notamment basée la justice burkinabé pour inculper Djibrill Bassolé « d’attentat à la sûreté de l’État », de « haute trahison » et de « collusion avec des forces étrangères ». Cette même source explique d’ailleurs qu’il ne s’agit là que du « principal enregistrement », et qu’il en existe d’autres, dont un entre Djibrill Bassolé et Thérèse Diawara, la belle-fille de Gilbert Diendéré et nièce de l’homme d’affaires Lassiné Diawara, arrêtée elle aussi et inculpée de complicité avec les putschistes. D’autres proches de Zida, très sûrs d’eux, parlent notamment d’« éléments et éléments sonores éloquents supplémentaires » qui n’ont pas encore été révélés. »

[Jeune Afrique]

La réaction de l’avocat de Djibril Bassolé

Une défense sur laquelle s’aligne aussi l’avocat de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, Me Alexandre Varaut, qui parle de « manipulation » et de « bidouillage ». « Cela fait 45 jours qu’on nous dit que cette bande existe et qu’on la réclame, et au lieu d’apparaître dans le dossier, elle apparaît sur Internet. Ce n’est pas un hasard », explique-t-il. Avant d’ajouter: « Cette conversation n’a jamais eu lieu. Oui, Bassolé s’est entretenu avec Soro après le coup d’État, comme il s’est entretenu avec de nombreuses personnalités de la région qui l’appelaient pour prendre des nouvelles. Il n’a jamais été question de financer le putsch ou d’établir la tactique. Bassolé n’a jamais tenu de tels propos, et s’il avait entendu Soro dire ces choses-là, il aurait raccroché. » Selon l’avocat, d’ailleurs, « l’épouse de Bassolé ne reconnaît pas sa voix »…. Plusieurs proches du Burkinabé ont cependant admis, après avoir écouté la bande, qu’il s’agissait très probablement de lui.

D’où vient l’« enregistrement » ?

Dans le camp Soro, la piste burkinabè est très prise au sérieux. La voix de Bassolé étant très nette sur l’enregistrement, contrairement à celle de Soro dans certains passages, « l’enregistrement originel a sûrement été réalisé à Ouagadougou », se dit-on. Par qui ? Première possibilité : les renseignements burkinabè. Si l’enregistrement a bel et bien eu lieu le 27 septembre – point sur lequel l’ensemble des acteurs semblent s’accorder – et s’il est réel, qui, dans le contexte de l’époque, dirigeait alors le système d’écoute du pays ? Selon plusieurs sources burkinabè, les centres d’écoute du pays étaient encore sous le contrôle du général Diendéré et de ses hommes à ce moment-là. Seconde possibilité : les renseignements d’un État tiers, doté de moyens et d’une technologie assez sophistiquée. Plus probable pour de nombreux commentateurs politiques… mais quasiment impossible à prouver.

 

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